"La vie secrète des enfants", un ouvrage de Edouard Gentaz, Solange Denervaud et Léonard Vannetzel dont le résumé est tiré de l'infolettre no 130 du CREDE (6 février 2018).

Un titre accrocheur pour notre petit côté « voyeur » ?

Les auteurs nous rassurent. Ils ont décidé d’écrire ce livre [1] pour plusieurs raisons, dont celle-ci : un grand nombre de chercheurs et chercheuses en psychologie, en neurosciences et en psycholinguistique publient de nouveaux savoirs sur le développement de l’enfant dans les revues scientifiques internationales. Malheureusement, les résultats ne sont pas toujours assez vulgarisés ni suffisamment diffusés auprès du grand public. Cet ouvrage se veut donc accessible à tous.

Cette « vie secrète » serait plutôt une « vie discrète » car les questions posées et les réponses apportées dessinent un portrait global de l’enfant ordinaire, de la naissance à l’adolescence ; un portrait dévoilé autour des développements et des compétences affectives, sociales, neurocognitives et qui fait la part belle aux enfants âgés de 4 à 12 ans. Chaque chapitre est décliné en différents thèmes comme « les émotions, de l’utilité de la culpabilité, la naissance de l’amitié, l’empathie, le sens moral, l’attention, la perception du monde, les préférences olfactives, le contrôle de soi, la notion du temps, le jeu, la créativité, la mémoire », etc., etc.

Brève incursion sélective dans le chapitre consacré aux phénomènes de groupe et particulièrement au leadership. Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de profil type de leader car ce rôle va dépendre du contexte. Le leader n’est pas le chef, il ne commande pas, il influence et ne peut pas déléguer cette influence à un autre membre du groupe. Ainsi, dans une même situation et selon les besoins, plusieurs leaders peuvent émerger, « par exemple, l’émergence du leader dépend de la fréquence de sa prise de parole : au début des relations dans un groupe, nous nous adressons plus souvent à celui qui parle le plus » [2]. D’autres rôles sociaux sont aussi décrits, comme ceux du rigolo, du grincheux, du populaire, du régulateur, de l’altruiste, etc., rôles fluctuants et dépendants fortement des situations.

Des sous-groupes se forment en fonction des amitiés partagées et peuvent changer plus ou moins vite au cours du temps. Leur apparition peut aussi être arbitraire et résulter implicitement des consignes données par l’adulte. Ainsi, si l’adulte compose aléatoirement des sous-groupes qui vont rester les mêmes pour différents types d’activités et de jeux, les enfants vont créer des solidarités et des préférences pour les membres de leur équipe. Pour cette raison, il est préférable de changer souvent les compositions de ces groupes si on veut éviter la création de petits clans et favoriser des relations bienveillantes dans le groupe en entier.

Il en va ainsi pour chaque sujet traité : une partie théorique, des photos d’enfants en situation, des conseils pour accompagner l’enfant (plutôt destiné aux parents) et des conseils de lectures. De quoi réactualiser ses connaissances du développement de l’enfant ! 

[1] GENTAZ, E., DENERVAUD, S., VANNETZEL, L. (2016). La Vie secrète des enfants, Paris : Odile Jacob
Cote CREDE : 159.92 GEN

[2] Idem p. 53.