pro enfance considère qu’il s’agit de maintenir la décision prise en 2008 et de ne pas introduire une formation de niveau attestation fédérale sur deux ans (AFP) pour le champ de l’accueil de l’enfance. L'Association en appelle également à une mise en cohérence entre les stages et une préparation à une formation.

Le système de formation du champ social, dont l’accueil de l’enfance, a été modifié profondément en 2005 et certains ajustements sont toujours en cours. De plus, le domaine de l’enfance ne s’apprête pas à une hiérarchisation des tâches. Au vu du contexte du champ, une attestation sur deux ans apparaît comme contre-productive.

pro enfance propose par contre de faciliter l’accès à un CFC d’assistant ou d’assistante socio-éducative (ASE) pour les personnes correspondant aux exigences (sous une forme raccourcie ou par validation des acquis) ; d’étudier les possibilités d’une formation CFC ASE modulaire afin de l’ajuster au contexte du secteur parascolaire ou de permettre une qualification des accueillante familiale de jour ; de soutenir les démarches contribuant à une meilleure reconnaissance des différents types de formation dans le champ de l’accueil de l’enfance.

L'Association relève par ailleurs que le nombre conséquent de stages dans le champ de l’accueil de l’enfance est problématique, en particulier ceux qui cachent un emploi précaire. Afin d’y remédier, les stages sont à articuler avec la préparation à un apprentissage ou à une autre formation dans le domaine (notamment Education de l’enfance ES). A cet effet, le nombre de stages est à fixer en fonction des places de formation et les conditions cadres sont à respecter afin de veiller à la visée formative des stages.

Afin de soutenir les structures d’accueil de l’enfance dans leur rôle d’entreprise de formation, pro enfance recommande de définir clairement les buts des stages et de ne pas inclure les stagiaires dans le calcul du taux d’encadrement des enfants ; de doter suffisamment l’accompagnement des personnes en formation; de permettre aux structures d’accueil de l’enfance de s’appuyer sur un financement suffisant et pérenne.

En d’autres termes, le système de formation est à rattacher au manque de professionnalisation du champ de l’accueil de l’enfance qui constitue une importante préoccupation. En effet, le domaine de la petite enfance recouvre un nombre conséquent de personnel peu formé. Dans le domaine de l’accueil parascolaire la situation est encore davantage préoccupante, le personnel formé étant particulièrement peu présent. En outre, l’absence de formation qualifiante pour l’accueil familial de jour constitue aussi un enjeu auquel il faut être attentif. A cette réalité, s’ajoute la pénurie d’éducatrices ES. Or le maintien de ce personnel est à même d’assurer le suivi des personnes en formation et donc la relève dont l’accueil de l’enfance a besoin.

Le subventionnement insuffisant de la masse salariale, variable selon les communes, amène ainsi des institutions à engager des stagiaires en surnombre, des stagiaires à durée déterminée avec renouvellements de contrat, voire des stagiaires non payés. La main d’œuvre à bas prix dévalorise les métiers de l’accueil de l’enfance tout comme la qualité des prestations. S’occuper d’enfants dans un contexte collectif, devenu par ailleurs de plus en plus complexe, implique l’acquisition de compétences spécifiques qui demandent une formation. De plus, cela correspond également aux attentes des parents.

Lire la prise de position de pro enfance sur les attestations de formation professionnelle (01.03.2017) et celle sur les stages (07.07.2017)